- 21 févr.
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Dernière mise à jour : 24 févr.
La mort du cygne
« Mon métier c’est la danse »
En voilà une phrase qui vends du rêve, alors que tout ce que je vends c’est mon âme.
Le public international qu’aux yeux de ces acheteurs de rêve, me jette des fleurs et des applaudissements, ce ne sont que mes proches assis entrechat-quatre sièges, pour donner le sentiment d’une salle pleine.
…Public qui ne fait qu’applaudir mon éternelle insatisfaction et leur déboulé de claps me frappe le cœur comme une série de fouettés.
Puis viennent les « J’ai adoré, merci ! », échappés de bouches aux sourires crispés, dents serrées. Je n’ai pourtant rien demandé. Quant aux critiques négatives, les seules que j’attends vraiment, elles se murmurent vers le lointain, hors de ma portée.
Ces rêveurs, simplement ignares de comme ma vie je la passe à tomber dans des pas de bourrée, à créer des spectacles jetés, chassés ! par le contretemps des nouvelles modes et par l’injonction permanente d’un pourquoi. Pourquoi ci pourquoi ça…
« Eh bien, parce que. »
Je travaille mais je ne gagne pas l’argent que le public croit me donner. Alors je vie dans un manège de sauts de chats, de cheval et de biche, jusqu’à ce que l’intuition retombe juste dans les temps et entre en fin dans l’univers des Dieux.
Voilà là, mon âme vendue et mon art tout autant vivant que le cygne dans le lac.
Je fus rêveuse aussi, et malgré ce rêve s’est teinté d’ombres et d’agonie, j’ai appris que c’est souvent dans la pénombre que l’inspiration danse le plus librement.
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